Article web du journal libération - Jeudi Noir : « Pour nous c’est une victoire »

SOCIÉTÉ 18/02/2011
vendredi 18 février 2011
par  Sylvain De Smet
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Les forces de l’ordre ont expulsé ce matin les membres du collectif Jeudi Noir du bâtiment vide d’Axa, avenue de Matignon à Paris. Lila, membre du collectif, revient sur leur action.

PAR GAËLLE EPINAT

Les membres de Jeudi Noir ont été expulsé ce matin du bâtiment vide d’Axa, avenue de Matignon à Paris (voir la vidéo filmée de l’intérieur de l’immeuble).

20 membres du collectif ont résisté une demi-heure, avant d’être envoyés au commissariat dont ils sont sortis aux alentours de 10 heures. Lila, 28 ans et intermittente du spectacle, était dans le bâtiment. Elle revient sur l’expulsion.

Comment s’est déroulé l’évacuation ?

Hier soir, la police a empêché les élus et les journalistes d’entrer. On savait donc que ce serait pour ce matin, et ça nous a laissé le temps de mettre au point notre plan d’action. Une dizaine de personnes se sont enchaînées contre la vitre, et les autres sont montés sur le toit. On attendait les policiers depuis 5h. Quand ils ont cassé la vitre vers 7h15, on est tous monté sur le toit et on a lancé des tracts dans la rue.

L’évacuation a-t-elle été violente ?

Non, sur le toit on s’est tous agrippés en position de tortue. Notre résistance était symbolique, on ne comptait pas y rester toute la journée. Mais l’objectif était de tenir le plus longtemps possible pour permettre aux médias et à nos soutiens d’arriver. Ensuite on est juste resté une heure au commissariat, le temps qu’ils fassent une vérification d’identité.

Qu’allez-vous faire aujourd’hui ?

On a encore des affaires dans le bâtiment : des duvets, des chauffages. Normalement on va pouvoir les récupérer à 14 heures, sous contrôle d’un huissier. Et ce soir à 18 heures, on se rassemble à nouveau devant le bâtiment pour notre dépendaison de crémaillère. On va boire un coup, et se féliciter de cette lutte. Pour nous, c’est une victoire.

Pourquoi ça ?

Parce qu’on a tenu presque deux mois à cette adresse hautement symbolique, à deux pas de l’Elysée. Et parce qu’on a réussi à mettre en lumière notre combat contre le mal-logement. Il se divise en deux aspects. L’urgence sociale du mal logement, et le côté politique du problème. On a eu du mal à faire venir beaucoup de monde à cause du blocus policier, mais sur le terrain politique on a avancé. On ne pourra pas dire que cet hiver, on n’a pas entendu parler du mal logement.

Des élus vous soutiennent-ils ?

Oui, on reçoit de plus en plus de messages de soutien. Hier, Sylvain Desmet, conseiller régional du Val d’Oise d’Europe Ecologie les Verts (EELV), a passé la nuit dehors, sur un matelas devant l’immeuble. Ce genre d’actes, ça ne peut que nous toucher ! Côté UMP, Etienne Pinte, le « mouton noir » de l’UMP, nous a également soutenu. Il est venu manger avec nous dans le squat et s’était déclaré prêt à se porter médiateur en cas de négociations avec AXA, qui n’ont jamais eu lieu finalement. Et auprès du citoyen notre image évolue. Avant, il y avait un fort amalgame, les gens croyaient qu’on squattait des immeubles simplement pour nous loger, nous. Maintenant ils comprennent que notre démarche se situe dans une optique plus large de sensibilisation au mal logement.

Avez-vous déjà une idée de vos prochaines actions ?

C’est encore un peu tôt. On va prendre un peu de recul sur cette occupation-là. Et puis on va tous se réunir, et décider d’une ouverture prochaine dans un nouveau squat. 10% des bâtiments sont vides à Paris, on a le choix.


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