Main basse du gouvernement sur les ressources des personnes en situation de handicap : Stop à l’indécence ! L’Association des Paralysés de France a lancé cette pétition

, par  Sylvain De Smet , popularité : 3%

Le texte de la pétition :

Vivre sous le seuil de pauvreté : une situation inadmissible que vivent des millions de citoyens. Et une double peine quand, en plus, on est en situation de handicap ou atteint de maladie invalidante.

Et pourtant, aujourd’hui, suite à une décision du gouvernement, plus de 200 000 personnes en situation de handicap vivant dans cette précarité risquent de perdre de 105 à 179 euros par mois !

Pour une poignée d’euros issus des intérêts sur livret (maximum 205 euros par an), le gouvernement est-il prêt à sacrifier des centaines de milliers de personnes en situation de handicap parmi les plus vulnérables ?

Deux mesures prévues au projet de loi de finances (PLF) pour 2016, si elles sont votées, vont venir aggraver considérablement les conditions de vie déjà précaires de plusieurs centaines de milliers de citoyens en situation de handicap.

La première mesure impactera directement la possibilité pour les bénéficiaires de l’allocation adulte handicapé (AAH) de se voir octroyer des compléments de ressources pourtant indispensables à leurs besoins essentiels.
Le gouvernement a en effet inscrit la prise en compte des intérêts des livrets non soumis à l’imposition (livret A, livrets d’épargne populaire, livret jeune, PEL, CEL…) dans le calcul des ressources des bénéficiaires de l’allocation adulte handicapé (AAH).
Un nouveau mode de calcul dont le résultat sera, pour ces personnes, l’exclusion de droits connexes : complément de ressources et majoration pour la vie autonome.*

Pour résumer : pour 205 euros par an maximum tirés des intérêts de leurs livrets, les personnes vont perdre entre 1 257 euros et 2 151 euros par an, sommes indispensables à leur « survie » alors que leur allocation est déjà inférieure au seuil de pauvreté !
Une mesure totalement inacceptable et indécente qui s’attaque aux ressources des plus démunis.

Deuxième mesure dangereuse prévue par le PLF : l’intégration du patrimoine et du critère de loyer excessif dans les critères d’éligibilité de l’aide personnalisée au logement (APL).
Une mesure d’économie déshumanisée prise sans mesurer l’impact sur les populations fragilisées, telles que de nombreuses personnes en situation de handicap, bénéficiaires d’une AAH, d’une petite pension d’invalidité ou du RSA.
La baisse ou le retrait de l’APL ajouterait une énième diminution du pouvoir d’achat, au risque de faire basculer ces personnes dans une précarité plus grande.

Ensemble, disons « Stop à l’indécence ! »
Aidez-nous à demander au gouvernement la suppression de ces mesures qui mettent en péril des centaines de milliers de personnes en situation de handicap et à travers elles notre modèle social, en signant cette pétition !

*L’AAH = 807€
Seuil de pauvreté évalué par l’Insee = 987€.
Le complément de ressources = 179,31 € par mois (a pour objectif de compenser l’absence durable de revenus d’activité des personnes handicapées dans l’incapacité de travailler)
La majoration pour la vie autonome (MVA) = 104,77 € par mois (permet aux personnes en situation de handicap vivant dans un logement de faire face aux dépenses que cela implique)

Voir en ligne : Pour accéder au site et signer la pétition, cliquer ici

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  • Portrait fait par Alban Alvarez, étudiant en journalisme

    Portrait de Sylvain De Smet : Je vous sers un Vert ?

    Depuis dix ans, Sylvain De Smet œuvre à la buvette du Sénat. Militant écologiste, il concilie devoir de réserve sur son lieu de travail et engagement politique à l’extérieur.

    On peut l’imaginer derrière le comptoir doré. Devant lui et sous l’étincelant lustre, des sénateurs discuteraient de la taxe carbone. Mais sa participation au débat se limiterait à les servir. Les fonctionnaires parlementaires sont tenus à la discrétion professionnelle. C’est ce qu’on appelle le devoir de réserve. A 44 ans, Sylvain De Smet est barman au Sénat. Il porte un pantalon et un gilet noirs, un nœud papillon et une chemise blanche. Sylvain De Smet fait également partie des Verts. Sa couleur politique reste toutefois au vestiaire à chaque fois qu’il prend son service. « Je suis acteur à l’extérieur, spectateur à l’intérieur » s’amuse le chef de file des écologistes dans le Val-d’Oise. Il sera le premier des Verts dans ce département lors des prochaines élections régionales.

    Sylvain De Smet n’est pas avare en détails lorsqu’il raconte son parcours. Il adhère au parti écologiste en 1996, après avoir milité pendant dix ans au sein d’un « groupuscule », Los Craignos. Il expérimente déjà les tracts, les manifs et les élections locales. Le tout de manière festive et satirique. « On publiait un journal, Le Menstruel, votre nouveau périodique. »

    Rester discret

    L’ambiance est quelque peu différente au Sénat. Pas de quoi saouler le barman pour autant. Il y voit même un enrichissement personnel : « Le fait de devoir accueillir de la même manière alliés et adversaires politiques nous apprend à devenir plus diplomate. Par la force des choses on devient moins radical. On n’a pas le choix. Sinon on ne fait pas ce métier. »

    Quid des sénateurs quand ils découvrent que le barman fait de la politique ? Il admet que « ça doit leur faire bizarre. » Il tempère toutefois : « Certains sénateurs de mon département, qui ne sont pas du même courant que moi, ne s’en sont toujours pas rendu compte. Et je ne le crie pas partout. » Voix posée, parfois sourde, Sylvain De Smet sait se faire discret. Tous les parlementaires ne reconnaissent pas l’homme aux cheveux poivre et sel, dont les longues pattes descendent jusqu’au milieu des joues. « Qui peut imaginer que celui qui vous sert est un ancien secrétaire départemental des Verts ? » Lors des dernières sénatoriales, le vice-président socialiste a été obligé de négocier avec lui pour assurer sa réélection. En toute connaissance de cause. « A priori, il n’y a jamais eu de souci. Sinon je l’aurais très vite su et on m’aurait changé de service » assure-t-il.

    Cela ne l’empêche pas d’avoir une opinion sur son lieu de travail. Sylvain De Smet concède que c’est un « cadre merveilleux. » Tableaux et tapisseries ornent les murs. Et sinon, question écologie ? Il rit « J’ai droit à un joker ? » Le Sénat ne semble pas exemplaire : « Il faudrait à temps plein une personne qui ferait des propositions sur ce thème. »

    Mais ne vous y trompez pas, le barman écolo se sent à l’aise dans ce double rôle. « Ça me convient d’autant plus qu’il y a des Verts qui sont devenus sénateurs. Mon rayon de soleil, c’est quand Marie-Christine Blandin est devenue la première sénatrice verte. »