Energie... Il faut savoir ce que l’on veut. Contribution au débat public, construction de parcs éoliens flottants en mer Méditerranée et de leur raccordement électrique

, par  Sylvain De Smet , popularité : 4%

Contribution au débat public, construction de parcs éoliens flottants en mer Méditerranée et de leur raccordement électrique au large de Port-la-Nouvelle

Pour l’impact environnemental d’éoliennes en mer, comme pour toutes les autres installations, il faut évidemment en évaluer précisément leur impact. Les effets peuvent être réduits jusqu’à un niveau de risque suffisamment bas pour l’environnement. Mettre en place des stratégies, des contraintes réglementaires et des protocoles des meilleures pratiques d’utilisation du milieu.

Il faut savoir ce que l’on veut.

Tout le monde utilise d’une façon ou d’une autre de l’électricité, au quotidien, au domicile, au travail, les loisirs, lors de déplacements...

Trop facile de faire porter les conséquences de nos besoins sur les autres territoires. Il nous faut assumer nos choix, nos consommations, permettre l’innovation énergétique et s’assurer à long terme d’une production la plus locale possible en concertation avec les populations qui y vivent.

Suivant les territoires, on peut utiliser l’éolien, le solaire (photovoltaïque ou eau chaude sanitaire solaire), biomasse, géothermie, hydraulique...
Là, il s’agit de la construction de parcs éoliens flottants en mer Méditerranée et de leur raccordement électrique

Ce débat arrive en même temps que le rapport de RTE (Gestionnaire du réseau de transport d’électricité) sur l’avenir énergétique d’ici 2050.

Avant de penser à comment produire, il faut commencer par moins en avoir besoin.

D’immenses possibilités s’offrent à nous, isolation, puits canadiens, bâtiments bioclimatiques, dont l’implantation et la conception prennent en compte le climat et l’environnement immédiat, afin de réduire les besoins en énergie pour le chauffage, le refroidissement et l’éclairage. Consommer des produits les plus locaux possibles, faciliter et amplifier les transports en commun, réparer, recycler...

Nous avons plusieurs défis à relever en urgence, diminuer considérablement la production de gaz à effet de serre et ne plus produire de déchets nucléaires, radioactifs et très dangereux pendant des milliers, voire des dizaines de milliers. Comment imaginer que pendant ces milliers d’années, il n’y ait pas de possibilités de séismes, inondations, catastrophes naturelles ou engendrées par la non pérennité des protections, par des actes terroristes ?

Nos centrales nucléaires sont vieilles et vont fermer dans les prochaines années. Il faut en profiter et investir intelligemment. En faire de nouvelles, c’est se couper de centaines de milliards d’euros que l’on ne pourra pas utiliser pour diminuer nos consommations et investir dans les énergies renouvelables.

Un exemple, L’EPR de Flamanville à un coût estimé à 20 milliard d’euros (Le réacteur pressurisé européen ou EPR est un type de réacteur nucléaire de troisième génération, conçu et développé, dans les années 1990...) , avec cette somme on peut obtenir 3 millions d’installations d’eau chaude sanitaire solaire pour les maisons individuelles... Baissant ainsi d’au moins 60% les besoins en énergie pour la produire, quelle que soit celle utilisée, fioul, bois, gaz, électricité. Si en plus on permet l’acquisition de machines à laver le linge ou la vaisselle qui acceptent une arrivée d’eau chaude et ainsi n’avoir besoin que de l’électricité pour les faire fonctionner, les économies sont considérables.

On peut faire les mêmes calculs avec toutes les autres possibilités, le tout avec un impact immédiat. Pas besoin d’attendre une à deux décennies avec le risque de construire de nouvelles centrales nucléaires, produisant de nouveaux déchets nucléaires. On nous parle de la possibilité de 14 EPR construits. Soit 280 milliards...

D’autres exemples :

Photovoltaïque : À Frontignan (34), une centrale photovoltaïque au sol, sur une ancienne décharge, va produire l’électricité consommée par 8500 personnes (hors chauffage). Son coût, 4 millions d’euros. Pour le prix d’un EPR, on peut financer 5000 installations du même style, soit l’électricité consommée par plus de 40 millions d’habitants (hors chauffage).

Isolation des logements : Avec 20 milliards, on peut en isoler 500 000, en disposant de 40 000€ chacun ! 1 million avec 20 000€ chacun, 2 millions avec 10 000€ chacun, etc.

Eolien terrestre : Avec 1 EPR, on peut financer 13 000 éoliennes terrestres d"1 MW. Une éolienne d’une puissance de 1 MW produit annuellement environ 2200 mégawattheures, soit la consommation électrique d’environ 1000 personnes.

Sans oublier la réalité sur nos consommations électriques !
Les pourcentages annoncés suivant les filières de production d’électricité sont le plus souvent ceux de la production et pas ceux de la consommation.

Plus nous produisons au plus près de nos consommations, moins il y a de la perte en ligne. Une estimation de RTE fait état de 3% de perte pendant son acheminement. Le fonctionnement des postes de transformation nécessite la consommation d’une part d’énergie. Cette autoconsommation représente environ 3% du volume concerné.

Dans la production est aussi comptée celle exportée à nos voisins européens. La France exporte plus d’électricité qu’elle n’en importe, mais nous gardons nos déchets nucléaires...

Et les centrales nucléaires consomment elles-mêmes de l’électricité pour leur fonctionnement.

Il faut savoir ce que l’on veut, et je ne veux pas mettre en péril l’avenir. Donc oui aux énergies renouvelables, oui à l’innovation énergétique !

Sylvain De Smet

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  • Portrait fait par Alban Alvarez, étudiant en journalisme

    Portrait de Sylvain De Smet : Je vous sers un Vert ?

    Depuis dix ans, Sylvain De Smet œuvre à la buvette du Sénat. Militant écologiste, il concilie devoir de réserve sur son lieu de travail et engagement politique à l’extérieur.

    On peut l’imaginer derrière le comptoir doré. Devant lui et sous l’étincelant lustre, des sénateurs discuteraient de la taxe carbone. Mais sa participation au débat se limiterait à les servir. Les fonctionnaires parlementaires sont tenus à la discrétion professionnelle. C’est ce qu’on appelle le devoir de réserve. A 44 ans, Sylvain De Smet est barman au Sénat. Il porte un pantalon et un gilet noirs, un nœud papillon et une chemise blanche. Sylvain De Smet fait également partie des Verts. Sa couleur politique reste toutefois au vestiaire à chaque fois qu’il prend son service. « Je suis acteur à l’extérieur, spectateur à l’intérieur » s’amuse le chef de file des écologistes dans le Val-d’Oise. Il sera le premier des Verts dans ce département lors des prochaines élections régionales.

    Sylvain De Smet n’est pas avare en détails lorsqu’il raconte son parcours. Il adhère au parti écologiste en 1996, après avoir milité pendant dix ans au sein d’un « groupuscule », Los Craignos. Il expérimente déjà les tracts, les manifs et les élections locales. Le tout de manière festive et satirique. « On publiait un journal, Le Menstruel, votre nouveau périodique. »

    Rester discret

    L’ambiance est quelque peu différente au Sénat. Pas de quoi saouler le barman pour autant. Il y voit même un enrichissement personnel : « Le fait de devoir accueillir de la même manière alliés et adversaires politiques nous apprend à devenir plus diplomate. Par la force des choses on devient moins radical. On n’a pas le choix. Sinon on ne fait pas ce métier. »

    Quid des sénateurs quand ils découvrent que le barman fait de la politique ? Il admet que « ça doit leur faire bizarre. » Il tempère toutefois : « Certains sénateurs de mon département, qui ne sont pas du même courant que moi, ne s’en sont toujours pas rendu compte. Et je ne le crie pas partout. » Voix posée, parfois sourde, Sylvain De Smet sait se faire discret. Tous les parlementaires ne reconnaissent pas l’homme aux cheveux poivre et sel, dont les longues pattes descendent jusqu’au milieu des joues. « Qui peut imaginer que celui qui vous sert est un ancien secrétaire départemental des Verts ? » Lors des dernières sénatoriales, le vice-président socialiste a été obligé de négocier avec lui pour assurer sa réélection. En toute connaissance de cause. « A priori, il n’y a jamais eu de souci. Sinon je l’aurais très vite su et on m’aurait changé de service » assure-t-il.

    Cela ne l’empêche pas d’avoir une opinion sur son lieu de travail. Sylvain De Smet concède que c’est un « cadre merveilleux. » Tableaux et tapisseries ornent les murs. Et sinon, question écologie ? Il rit « J’ai droit à un joker ? » Le Sénat ne semble pas exemplaire : « Il faudrait à temps plein une personne qui ferait des propositions sur ce thème. »

    Mais ne vous y trompez pas, le barman écolo se sent à l’aise dans ce double rôle. « Ça me convient d’autant plus qu’il y a des Verts qui sont devenus sénateurs. Mon rayon de soleil, c’est quand Marie-Christine Blandin est devenue la première sénatrice verte. »